Articles de
mars 2009
Transformation des lavures en électricité
La production de restes de la restauration en Suisse est estimée à 300'000 tonnes par an. Environ les trois quarts d'entre eux sont aujourd'hui repris par les éleveurs de porcs. A partir de juillet 2011, les déchets organiques des restaurants et de la restauration collective, c'est-à-dire les lavures, ne pourront plus être affouragés aux porcs. Cette restriction est due à la mise en conformité des législations suisse et européenne. En Europe, l'affouragement des lavures n'est en effet plus permis depuis novembre 2006, afin de réduire les risques d'épizooties.
Cette restriction ouvre les portes à la production d'énergie à partir des déchets organiques ! Les propriétaires de restaurants de la région de Zürich devront donc se tourner vers d'autres débouchés, tels que l'entreprise Humbel située à Stetten. Cette entrerise est d'ailleurs en train de planifier la construction d'une installation de méthanisation d'une capacité de 20'000 tonnes par an. Le biogaz sera transformé en électricité et chaleur. La quantité de courant vert se montera à 6-8 millions de kWh/an, qui seront repris par EWZ et Axpo.
Selon le directeur de l'entreprise Humbel, "seulement 10% des sites reprenant actuellement des lavures s'équiperont d'installations de biogaz, en raison des hauts coûts d'investissements. Les autres lavures seront plutôt reprises par des grandes installations de type Kompogas." Cette dernière se montre d'ailleurs très intéressée par les perspectives de production de biogaz que cette modification de la loi laisse entrevoir.
Source : Tages Anzeiger Zürich und Region, le 25 mars 2009
Injection du biogaz dans le réseau en Suisse
Différents acteurs du domaine du biogaz, tels que Suisse Energie, l'industrie gazière, le Biogas Forum et Ökostrom Schweiz, estiment que l'injection du biogaz dans le réseau est une solution intéressante pour l'agriculture. Néanmoins, deux aspects doivent être pris en compte par le porteur de projet :
- L'épuration du biogaz impose une technologie conséquente et coûteuse. Des procédés adéquats doivent être utilisés afin qu'il n'y ait pas de rejet de méthane dans l'atmosphère.
- Il n'y a pas de prix fixé par la loi pour le biogaz brut ou épuré.
Divers experts estiment que seules les grandes installations de biogaz peuvent envisager l'injection de biogaz dans le réseau, c'est-à-dire celles valorisant au minimum 10'000 tonnes par an de substrats organiques ou produisant au minimum 100 m3 de biogaz brut par heure. En effet, les grosses installations peuvent mieux amortir les coûts de l'épuration du biogaz, qui reviennent alors plus ou moins au même par rapport à l'injection d'électricité dans le réseau qui lui est associé.
Deux autres points importants pour le choix entre l'injection du biogaz et la cogénération sont :
- La proximité d'un réseau de gaz ou électrique
- L'utilisation de la chaleur en cas de cogénération (la vente de celle-ci permet aussi d'amortir l'investissement financier de l'installation)
L'installation de biogaz agricole
Rhy Biogas AG à Widnau (SG) en est un exemple. N'ayant aucune possibilité de valoriser sa chaleur excédentaire, les porteurs du projet se sont tournés vers le distributeur local de gaz
Gravag. L'installation a été mise en service à la fin 2007 et représente la première installation agricole qui injecte son biogaz dans le réseau de gaz naturel. L'installation a été construite par
Genesys AG et l'unité d'enrichissement en méthane par
Verdesis (actuellement
Acrona Systems). Propriété de trois agriculteurs, elle reprend aussi les engrais de ferme de 15 autres paysans. L'installation produit environ 200m3/heure de biogaz brut.
Source : Forum New Power 1/2009
Une agriculture proactive
Tout près de Viège (VS), Max Stalder gère un élevage laitier et une installation de biogaz au sein d'une communauté d'exploitation qui a opté pour le "bio", résultats d'une volonté de diversification des activités agricoles. L'installation de biogaz a été mise en service en 2006.
La communauté d'exploitation réunit deux familles, les Bregy et les Stalder, père et fils de chaque côté. Le bétail et les cultures sont en commun. Depuis 2007, toute l'exploitation est bio à 100% : quelques 100 vaches laitières, les taries, les génisses et les veaux fournissent les engrais de ferme à l'installation de biogaz. Leur lait est livré à la fromagerie de Tourtemagne pour faire de la raclette et de la tomme bio. Tout l'affouragement du bétail est aussi produit de façon bio.
La construction de l'installation de méthanisation a été motivée par la volonté de faire quelque chose de non-traditionnel pour la région, de répondre à une demande existante compatible avec le "bio". La région de Viège étant très touristique, cela génère une grande quantité de lavures des restaurants et des hôtels. L'installation de biogaz a donc créé une solution locale pour ces déchets.
L'installation comprend deux digesteurs. Le digestat est soit épandu, soit revendu sous forme de fumure pour les vignes ou transformé en litière. La chaleur issue de la cogénération est utilisée pour chauffer l'installation et deux appartements, ainsi que pour sécher du foin.
Les fournisseurs de cosubstrats sont tenus de ne livrer que des huiles de fritures et des lavures alimentaires. En raison de quelques problèmes à la mise en service de l'installation, Max Stalder a eu recours à un système de traçabilité efficace : les bacs sont plombés par le producteur de déchets et sont nominaux.
Source : AGRI, le 20 mars 2009
Chauffage au biogaz au Royaume-Uni
Dans une étude récemment publiée, la compagnie de gaz et d'électricité
National Grid estime qu'au Royaume-Uni, le biométhane pourrait répondre à la moitié des besoins en chauffage des maisons. Dans un pays bénéficiant d'un réseau de distribution de gaz très développé, le biogaz, qui pourrait être injecté, s'avère en effet une solution particulièrement adaptée. Au-delà des contraintes techniques, il s'agit avant tout d'une question d'engagement politique et de mesures incitatives.
National Grid vient de remettre un rapport dans ce sens au Ministre de l'Energie et du Changement Climatique.
La compagnie internationale
National Grid distribue du gaz et de l'électricité à des millions de personnes à travers la Grande-Bretagne et dans le nord-est des Etats-Unis. Dans son rapport, elle met en évidence la faiblesse actuelle de la production de biogaz au Royaume-Uni. Issu d'usines de traitement des eaux usées et de sites d'enfouissement des déchets, le biogaz reste principalement utilisé pour produire de l'électricité. Cependant, la ressource des déchets pourrait être utilisée de façon bien plus efficace : la compagnie estime ainsi le potentiel du biogaz à environ la moitié des besoins nationaux en gaz domestique.
Source :
www.biogasmax.eu, le 9 mars 2009
Biogaz-carburant labellisé en Suède
FordonGas Swerige AB, leader du marché suédois en matière de méthane-carburant pour véhicule, vient de recevoir le prix
Svanan, l'éco-label des pays nordiques, pour son carburant. Ce dernier est constitué pour moitié de gaz naturel et de biométhane produit par des installations de méthanisation. Ce carburant répond à des critères environnementaux très exigeants. C'est aussi, par ailleurs, le premier carburant du monde à recevoir un éco-label.
Les conditions requises pour l'obtention de ce label touchent la totalité du cycle de vie du produit, depuis la matière première jusqu'au produit fini (en l'occurrence, le carburant acheté à la pompe par le consommateur). Les critère essentiels sont :
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre
- Non-dépassement d'un seuil en valeur absolue de la quantité de CO2 émise dans l'atmosphère tout au long du cycle de vie du carburant
- Restrictions relatives à la totalité de l'énergie utilisées lors de sa production
- Traçabilité des récoltes, certifiées comme provenant d'une agriculture durable
- Définition des limites des effets de ces carburants sur la santé
L'intérêt des Suédois pour les véhicules roulant au méthane n'a fait que progresser : on dénombre 15'000 voitures et bus roulant au méthane, soit une augmentation de 60% ces dernières années.
Source :
www.biogasmax.eu, le 12 janvier 2009
NOK reprend la majorité de Genesys Biogas AG
La société Forces Motrices du Nord-Est de la Suisse SA (NOK), société affiliée d'AXPO Holding SA, étend ses activités dans le secteur des énergies renouvelables. Elle reprend ainsi 51% des actions de Genesys Biogas AG, société spécialisée dans la construcion des installations de biogaz agricoles dont le siège se trouve à Frauenfeld (TG).
NOK s'était déjà associée en 2006 à Kompogas. La reprise de Genesys Biogas AG lui permet donc de compléter son portefeuille technologique dans le domaine de la valorisation de la biomasse, comprenant ainsi des installations de fermentation par voie sèche et par voie humide.
Genesys Biogas AG continuera d'être une société indépendante, avec Thomas Schwarz en tant que gérant.
Source : Communiqué de presse, le 9 mars 2009.
Plan cantonal de gestion des déchets à Genève
Un nouveau plan cantonal de gestion des déchets a été émis à Genève pour la période 2009-2012, définissant l'organisation nécessaire pour maîtriser la problématique des déchets. Les objectifs de ce plan s'inscrivent dans le contexte de la préservation des ressources et mettent l'accent sur le tri des déchets.
Parmi ses priorités, le plan de gestion des déchets insiste sur l'augmentation de la part des énergies renouvelables produites à partir de bois usagé et de biodéchets, en développant ses capacités. Pour rappel, le canton de Genève traite ses déchets organiques par méthanisation dans son usine située à Châtillon. L'usine traite plus de 20'000 tonnes par an de déchets organiques et a produit en 2007 environ 202'500 kWh d'électricité verte. La capacité de cette usine ne permettant pas de reprendre tous les déchets organiques produits sur le canton ni de pallier aux quantités supplémentaires que fournirait l'amélioration du tri des déchets ménagers, l'opportunité de construire d'autres installations de méthanisation ou de compostage est à l'étude.
Source : Feuille d'Avis Officielle de la République et Canton de Genève, le 11 mars 2009
Association européenne du biogaz
11 associations nationales du biogaz se sont réunies lors du 18ème congrès de la Fachverband Biogas allemande le 3 février dernier. Elles ont constitué l'association européenne du biogaz, intitulée EBA (European Biogas Association). Son but est de promouvoir une production de biogaz durable en Europe par un effort conjugué de chaque pays membre et une information transversale. L'idée est que les pays pionniers du biogaz puissent partager leur expérience avec ceux où la filière n'en est qu'à ses débuts.
Les pays suivants ont participé à sa fondation : l'Allemagne, l'Autriche, l'Espagne, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la République Tchèque et la Suisse. Le siège de l'association est à Bruxelles. Le nombre de membres est appelé à augmenter ces prochains mois.
Son président a été nommé : il s'agit d'Arthur Wellinger, directeur du Biogas Forum suisse. Les vices-présidents sont Harm Grobrügge (Fachverband Biogas, Allemagne) et Franz Kirchmeyr (ARGE Kompost & Biogas, Autriche). Le comité directeur comprend aussi Jan Stambasky de l'association tchèque du biogaz et Piettro Gattoni pour représenter l'Italie.
Source : Communiqué de presse de l'association, le 4 février 2009
Kompogas rachète la compostière de Chavornay (VD)
Les associés de la compostière de Chavornay ont vendu leur entreprise à Kompogas, entreprise zurichoise leader dans la méthanisation des biodéchets ménagers. Cette dernière, en partenariat avec AXPO, produira du biogaz permettant d'approvisionner l'équivalent de 1'000 ménages en électricité et de chauffer les bâtiments de la zone industrielle du Grand Pâquier à Chavornay.
La capacité de la place de compostage augmentera dans ce but de 15'000 à 20'000 tonnes par an. Elle sera équipée d'un digesteur. La compostière continuera de reprendre les déchets organiques des 74 communes du Nord Vaudois desservies par la STRID, ainsi que des déchets issus de la restauration. Le digestat résultant de la méthanisation sera utilisé à 90% en agriculture ; le solde sera livré aux paysagistes et aux particuliers.
Source : 24 HEURES, le 5 mars 2009
Le biogaz aux USA
Souhaitant réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et produire des énergies renouvelables, les Etats-Unis s'engagent en faveur de la méthanisation, notamment au niveau de l'agriculture. En effet, les USA sont aujourd'hui responsables de 17% des émissions de méthane mondiales provenant de l'agriculture.
Reconnaissant les avantages environnementaux de la méthanisation, le Département de l'Energie et le Département de l'Agriculture ont développé un programme volontaire, intitulé AgSTAR, pour promouvoir le développement du biogaz agricole. Grâce à celui-ci, 120 installations se sont construites lors des dix dernières années, produisant ainsi plus de 250'000 MWh par an. Ces installations ont une taille comprise entre 50 kW et 400 kW et ont la plupart du temps été construites à côté de porcheries ou de laiteries-fromageries. 56 projets supplémentaires sont en cours de planification ou de construction.
Pour aider les porteurs de projet, le Département de l'Agriculture propose des prêts et subventions. Les Etats fournissent aussi des opportunités de financement. Un troisième soutien se situe au niveau de la vente des crédits carbone.
Source : Cogeneration and On-Site Power Production, janvier-février 2009