Articles de
janvier 2010
Watt d'Or
Pour la quatrième année consécutive, l'Office Fédéral de l'Energie a décerné le "Watt d'Or" afin de récompenser des prestations exceptionnelles dans le cadre de l'énergie. Cette récompense est un label purement honorifique, permettant aux projets de bénéficier de la reconnaissance publique.
Cinq projets ont ainsi été récompensés par l'OFEN. Notamment, la catégorie "Energies renouvelables" a été remportée par l'installation de méthanisation lucernoise
SwissFarmerPower. Cette dernière est la plus grande installation de biogaz en Suisse. Elle traite chaque année jusqu'à 45'000 tonnes de biomasse humide et 16'000 tonnes de biomasse sèche. Deux lignes de traitement fonctionnent en parallèle. A pleine capacité, l'installation produit annuellement 18 GWh de biogaz qui, après épuration, est injecté dans le réseau de gaz naturel et sert de carburant pour véhicule. La production correspond à environ 1.8 million de litres d'équivalent diesel ou à la consommation de 2'000 voitures à gaz naturel parcourant chacune 12'000 km par an.
72 agriculteurs, Energie Wasser Luzern et Fenaco se sont regroupés pour construire cette installation, dont la réalisation a coûté 22 millions. Les agriculteurs ont été impliqués dès le début du projet, car le canton de Lucerne pratiquant l'élevage intensif, ils avaient tous un excédent de lisier à épandre.
Plus d'informations sur
www.wattdor.ch Source : Energeia, janvier 2010
Situation du biogaz-carburant en Europe
Le biogaz de 86 installations de production, y compris les décharges et les STEP, est actuellement utilisé comme carburant. Cela correspond à une capacité de production d'environ 57'000 Nm3/h, soit 300 MW. Pour chacune d'entre elles, le biogaz subit au préalable une épuration qui consiste à séparer le méthane du CO2 et autres gaz indésirables.
Les Pays-Bas, la Suède et la Suisse sont les pays qui ont le plus d'expérience dans l'épuration et l'injection de biogaz dans le réseau, la Suède étant le leader en la matière.
Plus de 30 partenaires d'Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Pologne, Suède et Suisse se sont réunis pour former un projet de recherche européen intitulé "Biogasmax". Son principal but est de développer le potentiel du biogaz-carburant d'un point de vue technique, économique et écologique.
Source : Biogas Journal, novembre 2009
Explosion d'une installation de biogaz
L'explosion d'une installation de biogaz à Mering, en Bavière (D), a coûté environ 2 millions d'euros. Les soudures de la chaudière ont vraisemblablement éclaté, ce qui a provoqué une détonation. La violence de l'explosion a décollé la couverture en acier du réservoir de biogaz et l'a projeté sur une fabrique située à proximité. Ce bâtiment, comprenant plusieurs étages, s'est effondré. Personne n'a été blessé.
Source : Europäischer Wirtschaftsdienst Neue Energie n°1, le 13 janvier 2010
Injection de biogaz dans le réseau de gaz allemand
L'entreprise Weltec BioPower va commencer, en mars 2010, les travaux de la plus grosse installation de méthanisation européenne qui injectera son biogaz dans le réseau de gaz naturel. Celle-ci se situera à Arneburg (D). Elle sera mise en service en février 2011 et produira annuellement 10 millions de m3 de biométhane, c'est-à-dire plus de 1'000 m3 par heure. L'investissement total se situe autour de 21 millions d'euro.
La surface occupée par l'ensemble des installations sera de 12 hectares. Les matières premières traitées par méthanisation seront des cultres énergétiques, ainsi que le lisier de 30 agriculteurs. Source : Europäischer Wirtschaftsdienst Neue Energie n°1, le 13 janvier 2010
De l'huile de friture comme carburant
Une centrale de traitement des huiles usagées est envisagée à Moudon (VD). Elle pourrait traiter 7 millions de litres par an et produire du biodiesel. La société Kazgreen SA, détentrice du projet, cherche suffisamment de matières premières telles que des huiles de friture usagées, des graisses d'abattoir, des huiles de poissonerie, etc. Si les volumes de ces dernières ne sont pas disponibles, Kazgreen SA utilisera alors d'autres huiles, comme celle de colza.
Source : 24HEURES, le 9-10 janvier 2010
L'installation de Lavigny produit plus que prévu
L'installation de méthanisation des biodéchets ménagers de Lavigny (VD) vient de souffler sa première bougie. Le bilan de cette première année est positif car les communes de la région lausanno-morgienne jouent bien le jeu et acheminent régulièrement leurs déchets organiques à Lavigny. Néanmoins, l'installation ne fonctionne aujourd'hui qu'à 60% de sa capacité. C'est pourquoi l'entreprise Germanier Ecorecyclage SA, propriétaire de l'installation, doit maintenant obtenir les déchets des communes à l'ouest de Lavigny.
Cette première année d'exploitation a aussi permis de découvrir que l'installation produit plus de gaz que prévu. Pour rappel, l'installation a été équipée d'un système d'épuration permettant l'injection de son biogaz dans le réseau de gaz naturel. L'entreprise étudie actuellement une valorisation du surplus de biogaz par cogénération, c'est-à-dire production d'électricité et de chaleur.
Source : 24HEURES La Côte, le 29 décembre 2009.
Infothèque biomasse
La valorisation et l'utilisation énergétique de la biomasse suscitent de plus en plus d'intérêt. De nombreuses publications sont éditées, rendant parfois difficile la recherche de renseignements spécifiques. C'est pourquoi l'Office Fédéral de l'Environnement, l'Office Fédéral de l'Energie et l'Office Fédéral de l'Agriculture ont créé l'infothèque biomasse.
Il s'agit d'une banque de données qui permettra de s'orienter facilement au milieu de ces nombreuses informations et mettra en ligne les principaux documents de base. Les publications à disposition seront choisies : seuls les documents de haute qualité seront accessibles au public. Chaque document disposera d'un bref résumé. L'infothèque proposera également des rapports provenant des pays limitrophes. Elle sera normalement mise en ligne au premier trimestre 2010.
Source : SuisseEnergie Newsletter n°64, décembre 2009
Prolongation de SuisseEnergie jusqu'en 2020
Le Conseil Fédéral a donné son accord, le 4 décembre dernier, pour la préparation des 10 prochaines années du programme SuisseEnergie. Ce programme doit être revu et renforcé pour répondre au mieux aux exigences actuelles de la politique énergétique et climatique. Consacré à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables, il devra jouer le rôle de plateforme de connexion, de coordination, d'information et de motivation. L'accent sera mis sur l'information, le conseil et la sensibilisation, ainsi que sur la formation de base et la formation continue.
Source : SuisseEnergie Newsletter n°64, décembre 2009
Du biogaz à partir de champignons
La société Wauwiler Champignons AG, située dans le canton de Lucerne, produit plus de 1'800 tonnes par an de champignons blancs et bruns. Cette société a décidé de se lancer dans la production de biogaz à partir des déchets générés par la culture de champignons. Dans ce but, elle s'est associée avec l'entreprise Kompogas.
L'installation de méthanisation reprendra aussi les déchets organiques des ménages des communes environnantes, soit l'équivalent de plus de 100'000 personnes.
Source : REGIOS n°2, décembre 2009
Biogaz en Allemagne
Il y a plus de 4'600 installations de biogaz en Allemagne, cette dernière faisant office de leader mondial en la matière. Si bon nombre de ces installations fonctionnent grâce aux cultures énergétiques, certaines d'entre elles privilégient néanmoins la digestion d'engrais de ferme de la même manière qu'en Suisse.
Le Centre d'information biomasse, en collaboration avec Agridea et le centre de compétence allemand IBBK, a organisé un voyage en Allemagne en novembre dernier afin de voir le développement de ce type d'installation. Les stratégies varient d'un exploitant à l'autre comme le montrent les trois exemples ci-dessous :
- Hans Holland pratique l'agriculture biologique sur son exploitation depuis 1989. Il engraisse des porcs et exploite 150 ha de grandes cultures (céréales). Pour compenser les besoins en azote de ses cultures, il consacre une vingtaine d'hectares au trèfle qu'il valorise ensuite dans son installation de biogaz. Il pratique la cogénération (60 kW de puissance) et possède un digesteur de 300 m3.
- Eleveur de 85 vaches, Wilfried Tertel possède une installation de biogaz depuis 1994. Cette installation se compose d'un digesteur horizontal de 100 m3 et d'un digesteur vertical de 250 m3, où sont digérés ses engrais de ferme, des graisses d'abattoir et ses résidus de culture. Le digesteur horizontal permet de travailler avec des teneurs en matières sèches plus élevées. Le couplage chaleur-force a une puissance de 65 kW, mais tourne à 30 kW. W. Tertel préfère faire tourner le CCF à un régime plus bas. Malgré un rendement plus faible, cette option garantit selon lui un meilleur fonctionnement du moteur ainsi qu'une durée de vie plus élevée.
- Thomas Karle est engraisseur de porcs et cultive environ 100 ha de surface agricole utile. Depuis 2001, il n'a pas cessé de perfectionner son installation de biogaz. Il a d'abord augmenté la puissance de son couplage chaleur-force de 55 à 300 kW, puis s'est doté en plus d'une micro-turbine à gaz de 100 kW. Le volume total de ses digesteurs est de 2'200 m3. Ils sont approvisionnés par du maïs, du lisier des 1'800 porcs de son exploitation, le fumier bovin des exploitations agricoles voisines, des déchets verts et des résidus de maraîchage. Il valorise de façon optimale la chaleur : une partie de celle-ci est utilisée pour sécher le digestat sous serre. Le digestat est ensuite transformé en granulés, puis commercialisé.
L'Allemagne produit actuellement plus de 10.4 TWh de biogaz, couvrant ainsi environ 1.6% de la consommation totale d'électricité et représentant 10% de l'électricité produite à partir d'énergies renouvelables. Une installation de biogaz d'une puissance inférieure à 150 kW peut percevoir au maximum 30.67 centimes d'euro. Ce prix inclut des bonus pour le lisier, pour la cogénération et pour la valorisation de la chaleur. L'Allemagne, à la différence de la Suisse, propose aussi un bonus pour les cultures énergétiques. Le fonctionnement des installations de biogaz allemandes se base en effet principalement sur l'apport de cultures énergétiques. La surface des cultures dédiées au biogaz est actuellement de 400'000 ha.
Source : Agri, le 11 décembre 2009
Exercice à perte pour le biodiesel
Eco Energie Etoy, l'usine vaudoise de transformation du colza en biodiesel, boucle l'exercice 2008-2009 avec une perte de CHF 30'000 en raison des prix du biodiesel bas et des prix élevés du colza. Les installations n'ont néanmoins pas été stoppées, comme le craignait le gérant Eric Herger lors de la dernière assemblée générale.
La production de biodiesel a donc diminué, ce qui a laissé le temps à l'usine d'installer un système automatique pour l'incorporation des huiles usagées. En effet, il manque de colza sur le marché ; l'intégralité de la production suisse ira aux huileries. La production de biodiesel chez Eco Energie Etoy sera alors assurée par du colza importé, mélangé à hauteur de 10% maximum à de l'huile de friture de bonne qualité de la région.
La pression sur la traçabilité des produits, leur bilan écologique et leur impact s'accentue de plus en plus. Chaque producteur de biodiesel doit fournir un écobilan d'ici fin 2011. Le tourteau doit, quant à lui, être traçable sur au moins 6 mois et correspondre au cahier des charges de l'Agroscope ART pour la qualité. Un bilan COV doit être effectué pour être exempté des taxes d'incitation. Finalement, le transport de la glycérine, produit de l'esterification de l'huile de colza, doit remplir des exigences spéciales en raison des quantités de méthanol qu'il peut contenir.
Durant l'exercice 2009, 5'700 tonnes de colza ont été transformées en biodiesel à Eco Energie Etoy, pour une production de 2.3 millions de litres et 3.5 millions de kg de tourteaux. Le rendement a été excellent : 40.7 litres d'huile par 100 kg de matière.
Source : Agri, le 4 décembre 2009
L'Oréal se met au biogaz
Depuis le mois d'août 2009, l'énergie de l'usine de cosmétique L'Oréal, située à Libramont en Belgique, provient du biogaz. Engagée depuis une quinzaine d'années dans une réflexion environnementale, cette entreprise cherchait un approvisionnement en énergie durable. Elle s'est associée à Bio-Energie Europa, le leader belge dans la construction et l'exploitation d'installations de biogaz.
L'installation de méthanisation se situe à 600m de l'usine et appartient à Bio-Energie Europa. Cette dernière vend le biogaz à L'Oréal. L'Oréal loue les trois moteurs de cogénération de 1303 kW chacun, ainsi que la chaudière de récupération. L'énergie est donc propriété de l'usine de cosmétiques, qui utilise ainsi toute l'électricité et la chaleur produites sur son site. Les capacités sont de 3.2 MWél et 3.4 MWth. Si la production électrique dépasse la consommation de l'usine, L'Oréal peut vendre les kilowatts supplémentaires en vue de leur injection sur le réseau.
50 à 54'000 tonnes de biomasse par an sont nécessaires pour alimenter l'usine. L'installation reprend les boues de STEP de L'Oréal, des céréales des agriculteurs voisins, des résidus agro-alimentaires et des boues de lavage de laiterie.
Grâce au biogaz, les besoins en électricité de l'usine sont couverts à 100% et à 80% pour la chaleur. Cela permet d'économiser 11'800 tonnes de CO2 par an.
Source : Energie Plus, le 1er décembre 2009